Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs proches · En attente de validation médicale.
Quand l'hypertension artérielle et le diabète de type 2 sont présents en même temps, leurs effets ne s'additionnent pas — ils se multiplient. Le risque d'infarctus ou d'AVC est environ 4 fois plus élevé. Le risque d'insuffisance rénale grave, pouvant mener à la dialyse, est 8 fois plus élevé qu'une personne sans ces deux maladies.
Votre médecin a sûrement évoqué avec vous les résultats de votre tension artérielle élevée. Un petit 15/10 qui ne semble pas être grand chose. Et pourtant... Un peu de tension... un peu trop de sucre dans le sang. Ça paraît presque banal mais ça ne l'est pas.
Quand l'hypertension artérielle et le diabète de type 2 sont là en même temps, ils ne s'additionnent pas. Leurs effets néfastes se multiplient.
Risque d'infarctus du myocarde ou d'AVC par rapport à une personne sans ces deux maladies
Risque d'insuffisance rénale grave, pouvant mener à la dialyse
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé classent le patient diabétique hypertendu en très haut risque cardiovasculaire. L'objectif tensionnel est donc plus strict que pour les autres patients : la tension doit être en dessous de 130/80 mmHg.
Michel, 58 ans. Chauffeur routier. Il a découvert son HTA à 52 ans lors d'une visite médicale. Son médecin lui a prescrit un médicament. Il l'a pris 6 mois, puis arrêté : "je me sentais bien".
Trois ans plus tard, lors d'un bilan de routine, on découvre une glycémie à 1,45 g/L. Diabète de type 2. Et sa tension ? Remontée à 158/97 mmHg.
Résultat du bilan rénal : sa créatinine a augmenté. Ses reins travaillent déjà moins bien. Le cardiologue note une hypertrophie du ventricule gauche.
Michel ne ressentait rien. Les deux maladies ont avancé en silence pendant trois ans. Il va falloir faire admettre cette maladie à Michel pour qu'il prenne son traitement.
C'est la partie que les patients comprennent rarement. Il est néanmoins essentiel de comprendre le mécanisme.
C'est ça, le piège. Contrôler une seule des deux maladies, c'est laisser l'autre travailler tranquillement. Votre médecin insiste sur les deux en même temps — pas parce qu'il veut vous donner plus de médicaments : votre médecin ne gagne rien à vous donner plus de médicament. Il insiste sur ce qui vous arrive parce que c'est la seule façon d'enrayer le cercle.
Oui, et c'est bien le problème. Les deux maladies peuvent passent complètement inaperçues pendant des mois, voire des années. Il est commun qu'il n'y ait absolument aucun symptôme et c'est un véritable problème avec les problématiques d'accès aux soins dans certaines régions de France. Mais certains signes doivent vous alerter immédiatement :
Cela peut être un signe de neuropathie diabétique — les nerfs des pieds sont atteints. Si vous êtes dans une situation de diabète, montrez vos pieds à votre médecin à chaque consultation. Une plaie non soignée sur un pied diabétique peut devenir très grave très vite.
Quand vous avez HTA et diabète de type 2, l'objectif de tension est strict : moins de 130/80 mmHg. L'HbA1c doit rester en dessous de 7 %. Le LDL-cholestérol doit descendre sous 0,7 g/L. La microalbuminurie doit rester sous 30 mg/g de créatinine. Ces quatre valeurs protègent vos reins, votre cœur et vos artères.
Vous avez HTA et diabète. Voici les valeurs cibles que vous devez atteindre — et maintenir.
Ces objectifs sont issus des recommandations HAS 2023. Votre médecin peut les adapter à votre âge et à votre situation personnelle.
La bonne nouvelle : il existe des médicaments qui traitent les deux en même temps, ou qui protègent les organes des deux maladies à la fois.
Les IEC (ramipril, périndopril) et les ARA II (losartan, valsartan) sont les médicaments de première intention quand vous avez HTA + diabète. Pourquoi ?
Si votre médecin vous prescrit l'un de ces médicaments, c'est pour les trois raisons à la fois. Ne l'arrêtez pas parce que vous "vous sentez bien".
L'empagliflozine et la dapagliflozine (famille des iSGLT2) sont maintenant recommandées chez les diabétiques à haut risque cardiovasculaire. Ces molécules font plusieurs choses en même temps. Elles :
Vous avez deux contraintes alimentaires. Elles sont compatibles. Voici comment les respecter sans vous rendre la vie impossible.
Objectif : moins de 3 g de sel par jour (l'équivalent d' "une cuillère à café rase"). Pas "moins de sel sur les pâtes". Vraiment moins de sel en tout — y compris dans le pain, les plats préparés, les fromages, la charcuterie. Prenez l'habitude de ne supprimer le sel à table et de ne pas saler en cuisinant. Vos papilles gustatives vont s'habituer en 3 semaines environ. Supprimez tout simplement le sel et remplacer par de l'ail, du persil, ou tout autre aromate de votre choix.
Sucres rapides = sodas, jus de fruit, pain blanc, pâtisseries, riz blanc, pommes de terre. Ils font monter la glycémie très vite. Remplacez-les par des sucres lents : pain complet, légumineuses (lentilles, pois chiches), riz complet.
Légumes verts (tous), poissons gras (sardines, maquereau, saumon), viandes blanches, œufs, légumineuses, herbes aromatiques pour remplacer le sel, huile d'olive en quantité raisonnable, oléagineux (amandes, noix — une petite poignée par jour).
1. Les sodas et jus de fruit — du sucre pur, sans aucun intérêt.
2. La charcuterie — riche en sel et en graisses saturées.
3. L'alcool — fait monter tension ET glycémie.
4. La réglisse — fait monter la tension de façon directe. Même en bonbons.
Plus strict que pour quelqu'un qui n'a que de l'HTA : moins de 130/80 mmHg. Pas 140/90. 130/80. Vos reins et votre cœur ont besoin de cette protection supplémentaire.
Oui. Le risque d'infarctus est environ 4 fois plus élevé. Le risque d'insuffisance rénale chronique terminale est 8 fois plus élevé. Les deux maladies ensemble ne s'additionnent pas — elles se multiplient.
Oui, directement. Le sucre abîme les parois des artères. Les reins retiennent plus de sel et d'eau. La tension monte. C'est un cercle vicieux. C'est pour ça qu'il faut contrôler les deux en même temps.
Absolument — et c'est le vrai danger. L'HTA est silencieuse dans 70 % des cas. Le diabète peut passer inaperçu pendant des années. Une prise de sang et une mesure de tension chez votre médecin : c'est tout ce qu'il faut pour savoir.
Ce contenu est un exemple de fiche pathologie rédigée par MediScribe selon les critères E-E-A-T. Relue et validée bénévolement par le Dr Christophe Grocholski, PH en Néphrologie, CH Fleyriat, Bourg-en-Bresse.
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