Rédigé par Florent Durand, MediScribe · Destiné aux patients et à leurs proches
Qu'est-ce que c'est ? Une inflammation des glomérules, les filtres microscopiques du rein, qui laisse passer protéines et globules rouges dans les urines.
Comment ça se détecte ? Urines mousseuses ou rougeâtres, œdèmes, hypertension récente — ou simplement à l'analyse d'urine de routine (50 % des cas sans symptôme).
Est-ce grave ? Cela dépend du type. Certaines formes guérissent seules. D'autres peuvent évoluer vers l'insuffisance rénale si elles ne sont pas prises en charge rapidement.
Que fait le médecin ? Analyse d'urine → bilan sanguin → biopsie rénale si nécessaire. Le traitement dépend du type identifié à la biopsie.
La glomérulonéphrite est une maladie inflammatoire des glomérules — les filtres microscopiques du rein. Quand ces filtres s'enflamment, ils laissent passer dans les urines ce qu'ils devraient retenir : protéines et globules rouges.
Vos reins contiennent chacun environ un million de petites structures appelées glomérules. Ce sont de minuscules pelotes de vaisseaux sanguins dont le rôle est de filtrer votre sang en permanence : ils retiennent ce qui doit rester dans le sang (protéines, globules rouges) et laissent passer les déchets vers l'urine.
Dans la glomérulonéphrite, ces filtres s'irritent. Ils deviennent moins efficaces et "laissent passer" ce qu'ils devraient retenir. Des protéines et des globules rouges se retrouvent alors dans les urines. Cela ne devrait pas arriver.
La glomérulonéphrite touche environ 2 à 3 personnes pour 100 000 habitants par an en France (source Agence de Biomedecine). Elle peut survenir à tout âge, mais elle est plus fréquente chez les enfants et les jeunes adultes. Les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes.
C'est souvent la première question que l'on se pose. La réponse dépend du type de glomérulonéphrite que vous avez — et il en existe plusieurs formes.
Elles touchent le rein directement. La plus fréquente en France est la maladie de Berger (ou néphropathie à IgA), dans laquelle le système immunitaire dépose des anticorps dans les glomérules. D'autres formes existent, toutes avec des noms bien compliqués : hyalinose segmentaire et focale, glomérulonéphrite extramembraneuse, lésions glomérulaires minimes... Les causes sont variables et votre néphrologue pourra vous informer en fonction de votre situation précise.
Attention, ici le mot "secondaire" est très important. Dans ce contexte, le terme secondaire est utilisé pour montrer que la glomérulonéphrite est la conséquence d'une autre maladie qui touche l'ensemble de l'organisme : lupus érythémateux systémique, diabète, vascularites, sarcoïdose, certains cancers. Elles peuvent aussi être déclenchées par une infection (hépatite B, hépatite C, VIH, angine à streptocoque).
Elles surviennent quelques jours à quelques semaines après une infection, le plus souvent une angine à streptocoque ou une infection cutanée. Elles touchent surtout les enfants. Dans la grande majorité des cas, elles guérissent complètement.
Dans de nombreux cas, les médecins ne parviennent pas à identifier une cause précise. On parle alors de glomérulonéphrite idiopathique. L'absence de cause identifiée ne signifie pas que le traitement est impossible — votre néphrologue adapte la prise en charge aux résultats des examens médicaux.
Les signes d'alerte sont : urines mousseuses ou rougeâtres, œdèmes (jambes, cheville, visage au réveil), hypertension récente difficile à contrôler, fatigue inhabituelle. Mais dans près d'un cas sur deux, il n'y a aucun symptôme — d'où l'importance des bilans réguliers.
La glomérulonéphrite est souvent silencieuse, surtout dans sa forme chronique. C'est ce qui en rend le diagnostic parfois tardif. Mais certains signes peuvent apparaître :
Près de la moitié des personnes atteintes de glomérulonéphrite sont asymptomatiques. La maladie est alors découverte fortuitement lors d'une analyse d'urine de routine ou d'un bilan sanguin. C'est l'une des raisons pour lesquelles les bilans réguliers sont importants.
Le diagnostic de glomérulonéphrite ne repose pas sur un seul examen. Certains examens permettent de valider le diagnostic de glomérulonéphrite, c'est-à-dire d'une souffrance des glomérules ; d'autres permettent d'en recherche la cause. Votre médecin a probablement commencé par des analyses simples avant d'aller plus loin.
La biopsie est réalisée sous anesthésie locale. Vous pouvez ressentir une pression mais pas de douleur vive. Dans tous les cas, si vous ressentez le moindre inconfort, prévenez le médecin qui agira en conséquence. Un saignement dans ou autour du rein est possible mais reste rare et généralement bénin. Vous serez surveillé(e) quelques heures après le geste. La PBR est indispensable dans la plupart des cas — les risques sont bien inférieurs aux bénéfices qu'elle apporte pour guider votre traitement.
Après une ponction-biopsie rénale, il est fortement recommandé d'éviter toute activité physique pour une durée de deux semaines après l'examen.
Il n'existe pas de traitement universel. Le traitement dépend du type identifié à la biopsie. Dans tous les cas : contrôler la tension artérielle (objectif <130/80 mmHg), réduire le sel, arrêter le tabac. Selon le type : corticoïdes, immunosuppresseurs, rituximab, ou traitement de la maladie sous-jacente.
Le traitement dépend directement du type de glomérulonéphrite identifié à la biopsie, de sa sévérité et de la cause éventuelle. Il n'existe pas de traitement universel. Toutefois, certaines mesures sont nécessaires quelle que soit la cause, pour prévenir des dommages supplémentaires et limiter la progression de la maladie.
Corticoïdes (cortisone) — utilisés dans les formes inflammatoires actives, notamment le syndrome néphrotique à lésions minimes ou certaines formes de glomérulonéphrites liées au lupus.
Immunosuppresseurs (mycophénolate mofétil, cyclophosphamide, ciclosporine, tacrolimus) — pour les formes auto-immunes ou résistantes aux corticoïdes.
Rituximab — anticorps monoclonal ciblant les lymphocytes B, utilisé dans certaines formes de maladies auto-immunes résistantes ou récidivantes.
Antibiotiques — dans les formes post-infectieuses pour traiter l'infection en cause si elle est encore présente.
Traitement de la maladie sous-jacente — dans les formes secondaires (lupus, diabète), traiter la cause améliore l'atteinte rénale.
Dans les formes sévères ou évoluées, une dialyse peut être nécessaire temporairement ou définitivement. Une transplantation rénale peut être envisagée dans les formes chroniques en insuffisance rénale terminale. Ces situations restent minoritaires, surtout lorsque la maladie est prise en charge tôt.

Le pronostic varie considérablement selon le type de glomérulonéphrite :
La règle est simple : plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic. Une glomérulonéphrite détectée tôt et bien traitée peut rester stable pendant des années.
La grande majorité des glomérulonéphrites ne sont pas héréditaires. Cependant, quelques exceptions existent :
Si votre néphrologue suspecte une forme génétique, une consultation de génétique médicale peut être proposée. Dans les autres cas, un simple bilan rénal de vos enfants suffit à vérifier qu'il n'y a pas d'anomalie.
Dans la grande majorité des cas, oui. Les adaptations nécessaires dépendent de la sévérité de la maladie et du traitement en cours.
La restriction en sel est presque toujours recommandée. En cas d'insuffisance rénale associée, une réduction des apports en protéines animales et en potassium peut être conseillée. Un diététicien spécialisé en néphrologie peut vous aider à adapter votre alimentation sans la rendre contraignante.
L'activité physique modérée est généralement bien tolérée et bénéfique pour la tension artérielle. En phase aiguë ou en cas d'hématurie macroscopique, votre néphrologue pourra vous recommander de limiter temporairement les efforts intenses.
Une grossesse est possible dans la plupart des cas, mais elle nécessite une surveillance renforcée. Certains médicaments utilisés dans la glomérulonéphrite (notamment les IEC, les ARA II et de nombreux immunosuppresseurs) ne peuvent être utilisés pendant la grossesse. Ils peuvent représenter un risque pour le bon déroulement de la grossesse. Il est indispensable d'informer votre néphrologue avant tout projet de grossesse. Vous évaluerez ensemble les ajustements éventuels de votre traitement et de votre surveillance.
La glomérulonéphrite bien contrôlée n'empêche généralement pas de travailler ni d'avoir une vie sociale normale. La fatigue liée aux traitements immunosuppresseurs ou à l'insuffisance rénale peut nécessiter des aménagements temporaires.
Les immunosuppresseurs et les corticoïdes ne s'arrêtent jamais brutalement sans avis médical. Un arrêt brutal peut provoquer une rechute sévère ou, pour les corticoïdes, une insuffisance surrénalienne. Si vous ressentez des effets secondaires difficiles à supporter, appelez votre néphrologue avant toute décision.
Contrôler votre tension artérielle est aussi important que votre traitement principal. Achetez un tensiomètre validé, prenez votre tension régulièrement (matin et soir, 3 jours de suite, toutes les semaines ou selon les recommandations de votre médecin) et notez les résultats pour les apporter à vos consultations.
Si vous êtes sous immunosuppresseurs, votre système immunitaire est affaibli. Les infections peuvent alors être plus fréquentes et plus graves, voire générer des dommages supplémentaires au niveau de vos reins. Les vaccinations sont donc essentielles et votre médecin pourra vous recommander des vaccinations particulières. Toutefois, certains vaccins vivants atténués sont contre-indiqués sous traitement immunosuppresseur. Parlez-en à votre néphrologue avant toute vaccination.
Certains médicaments courants, pris sans prescription, peuvent aggraver une maladie rénale : anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, aspirine à forte dose, diclofénac), certains antibiotiques à haute dose, les produits à base de plantes non contrôlés. Signalez toujours votre maladie rénale à tout médecin qui vous prescrit un traitement et éviter l'automédication. Un conseil pharmaceutique avisé ou médical est souvent conseillé dans votre situation.
Une bonne hydratation aide les reins à éliminer les déchets. Si vous êtes sujets à la rétention d'eau (oedèmes), pesez-vous régulièrement le matin à jeun : une prise de poids rapide (plus d'un kilo en 24h) peut signaler une rétention d'eau et doit être signalée à votre médecin.
Certains signes doivent vous amener à contacter votre néphrologue rapidement, sans attendre votre prochain rendez-vous programmé :
Le néphrologue pourra vous guider sur la conduite à tenir (modification du traitement, nécessité d'une hospitalisation ou d'une orientation vers les services d'urgences).
Anémie sévère avec essoufflement au moindre effort · Confusion, somnolence inhabituelle · Absence totale d'urine depuis plus de 12 heures · Douleur thoracique ou trouble du rythme cardiaque
Les bilans sanguins et urinaires sont importants pour permettre de dépister des maladies qui impacteraient votre fonction rénale. Votre médecin traitant est votre médecin référent : il doit vous prescrire au moins une analyse chaque année, ou plus selon votre état de santé globale.Dr Christophe Grocholski, praticien hospitalier en néphrologie — Centre Hospitalier de Bourg-en-Bresse
Ces cas cliniques illustrent deux présentations typiques rencontrées en consultation de néphrologie. Ils sont fictifs et construits à partir de situations fréquentes — toute ressemblance avec une situation réelle est fortuite.
M. T. se présente en consultation de médecine générale après un bilan de médecine du travail qui a révélé une hématurie microscopique et une protéinurie à la bandelette urinaire. Il ne présente aucun symptôme particulier — pas d'œdème, pas d'hypertension connue, pas de douleur. Il se dit en bonne santé.
Le bilan complémentaire (protéinurie des 24h à 1,2 g/24h, créatinine normale, DFG à 87 ml/min) oriente vers une atteinte glomérulaire. Une biopsie rénale est proposée et réalisée. Le résultat anatomopathologique conclut à une néphropathie à IgA (maladie de Berger).
Mme R. consulte 3 mois après son accouchement pour des œdèmes persistants des jambes et du visage, une prise de poids inexpliquée de 4 kg, et une fatigue importante. Elle a eu une grossesse sans complication. La tension artérielle mesurée en consultation est à 148/94 mmHg.
L'analyse d'urine révèle une protéinurie massive (protéinurie des 24h à 6,8 g/24h). Le bilan immunologique met en évidence des anticorps anti-ADN double brin. Le diagnostic retenu après biopsie est une glomérulonéphrite lupique (classe III).
Ce contenu est un exemple de fiche pathologie patient rédigée par MediScribe selon les critères E-E-A-T. Validation le 27/04/2026 par le Docteur Christophe Grocholski, praticien hospitalier en néphrologie au CH de Bourg-en-Bresse.
Demander ce type de contenu pour votre clinique →Cette fiche est un exemple de contenu MediScribe : structuré, sourcé, validé médicalement, lisible par les patients et cité par les IA. Vos pages, elles, sont sans doute invisibles là où les patients cherchent aujourd'hui.